Toutes les fonctions physiques et intellectuelles sont régies, pour tout animal, par le cerveau, qui veille à ce qu’il ne se produise dans les organes ni carences ni excédents.

Au commencement de l’hominisation, il se produisit dans le système pileux et dans la vie sexuelle des troubles carentiels dangereux pour la vie et d’autre part, le cerveau et l’intelligence furent l’objet d’excédents inutiles. Une question s’impose donc : la pousse des poils, la vie sexuelle et l’intelligence sont-elles aussi sous le contrôle du cerveau ?

L’intelligence, la faculté de penser et la mémoire sont localisées dans des parties déterminées du cerveau. La pousse des poils et la vie sexuelle, comme beaucoup d’autres fonctions physiologiques, sont placées sous le contrôle de l’une des plus importantes glandes du cerveau, l’hypophyse. Cette glande de la grosseur d’une noix se trouve à hauteur du nez, dans la partie inférieure du cerveau.

Hypophyse-+La+glande+maitresse

Si les phénomènes uniques et contre nature mentionnés ci-dessus sont apparus chez l’homme, c’est que l’appareil de contrôle, le cerveau, a été dérangé dans ses fonctions antérieures. Est-il possible que l’homme, encore à l’état animal, ait consciemment manipulé son cerveau, en déséquilibrant ainsi les fonctions régulières de cet appareil de contrôle ? Si l’on pouvait démontrer cette intervention artificielle, tous les phénomènes anormaux, qui infirment la théorie de l’évolution et qui sont uniques dans la nature, trouveraient leur explication.

C’est bien ce qui est arrivé. L’animal, qui devint plus tard l’homme, a consciemment manipulé son cerveau. L’homme est la seule créature terrestre qui ait tué ses congénères pour consommer leurs cerveaux. Il n’existe pas sur terre de race qui l’ait fait. Tous les hommes sur tous les continents ont été des chasseurs de têtes et des cannibales. Ce n’est pas un secret ni une découverte. Même les savants qui se raccrochent à la thèse de « l’évolution naturelle », et cherchent fébrilement à la démontrer, même ces savants le savent. Les ancêtres de l’homme commencèrent cette activité il y a plus d’un million d’années et la pratiquèrent sans interruption pendant tout le processus de l’hominisation. Ils ne cessèrent qu’il y a environ 50 000 ans.

Qu’est-ce qui poussa l’ancêtre singe de l’homme à cette pratique et pourquoi la poursuivit-il alors qu’il était déjà à l’état humain ?

L’ancêtre singe de l’homme découvrit que la consommation du cerveau de ses congénères augmentait ses pulsions sexuelles. Il devint toxicomane et partit à la chasse aux cerveaux. Plus tard, il s’aperçut que son intelligence en devenait plus grande.

Le désir de ressentir davantage de plaisir sexuel et le désir ultérieur d’accroître son intelligence amenèrent l’homme à un cannibalisme intensif.

Le processus d’hominisation débuta par la consommation d’un cerveau et se poursuivit sans interruption à travers toute l’histoire de l’évolution humaine.

Avec le cerveau, l’homme absorbait les substances concentrées dedans. Son cerveau, ainsi que sa faculté de penser, augmenta dans des proportions excessives ; c’est de là que provient l’excédent d’intelligence, sans fondement biologique, qui passa ultérieurement à un état pathologique.

Les fonctions du système nerveux central, équilibrées à l’origine, furent en même temps détruites. L’hypophyse qui contrôle entre autres la pousse des poils et la vie sexuelle fut particulièrement touchée.

L’apport constant de substances cervicales bouleversa la répartition des hormones et d’autres sécrétions. Un nouveau système de répartition dut se former. Ce fut la cause des troubles carentiels physiques comme la perte des poils et des signaux de fécondité chez la femelle. Le résultat est une créature malade physiquement et intellectuellement, qui vit en contradiction avec elle-même et avec la nature et qui ne se connaît ni ne se comprend.

Cet homo sapiens s’efforce par tous les moyens et théories possibles d’expliquer cet état pathologique, unique en son genre, et sa genèse, comme une évolution naturelle voulue par Dieu.

Reconnaître cet état de choses, c’est pour l’homme une épreuve bouleversante, mais il doit en tirer les conséquences. L’homme doit redécouvrir et accepter une vérité, considérée jusqu’ici comme impossible et qualifiée par la science de superstition, celle de cannibales existant encore aujourd’hui : l’intelligence est comestible. La mémoire est comestible. Et le savoir concret est également comestible. L’homme est le produit du cannibalisme.

La science n’a pas osé étudier le cannibalisme ; elle en a été retenue par le sentiment de culpabilité, inconscient et héréditaire, que suscite le cannibalisme chez tous les êtres humains.

Il y a environ 500 ans, quand des navigateurs européens découvrirent des continents étrangers où ils espéraient trouver de l’or et des richesses, ils rencontrèrent des êtres humains, n’ayant pas le même aspect qu’eux-mêmes.

Mais chez presque toutes les races, surtout dans l’hémisphère Sud de la terre, ils trouvèrent une coutume cruelle. Les hommes chassaient les hommes, en particulier pour leur dévorer la tête. Cet usage fut appelé cannibalisme.

Quand débutèrent, il y a 150 ans*, les recherches intensives sur l’origine de l’homme, on trouva des ossements humains, pourvus d’étranges caractéristiques. À mesure que les savants avançaient dans leurs recherches, ils tombaient sur des os de plus en plus anciens.

Sur des vestiges osseux qui remontent à plus de 50 000 ans, on ne trouva, par un phénomène singulier, que des crânes et restes de crânes, sans les squelettes correspondants. On fut frappé de constater également que dans la majorité des cas où l’on avait trouvé un squelette avec le crâne correspondant, le crâne était séparé du squelette. Presque tous les crânes étaient ouverts à hauteur du nez. Souvent même on put constater que le contenu de crâne avait été gratté avec des objets contondants. Malgré la très grande ancienneté des os, on distinguait encore sur la paroi interne des traces de grattement, même quand le squelette était encore entier, près de la tête. Ceci montre que les corps eux-mêmes n’étaient pas mangés et que les cannibales se contentaient en général des cerveaux.

Comme le montrent nettement les découvertes faites, les cerveaux évidés ne subissaient pas d’autre dommage qu’une ouverture artificielle.

Pour les crânes les plus anciens, provenant sans nul doute des demi-hommes les plus anciens et les plus primitifs, on a fait des constatations encore  plus curieuses. Les crânes n’étaient pas ouverts et vidés, à hauteur du nez, au moyen d’outils appropriés, mais brisés en morceaux comme une noix ; ce qui prouve que les cannibales n’avaient pas besoin d’un crâne vide pour un usage quelconque, mais qu’ils voulaient arriver au cerveau. Plus tard, une intelligence accrue et de meilleurs outils leur permirent d’ouvrir le crâne en spécialistes. On constate avec surprise que cette ouverture se faisait à hauteur du nez ou par en bas, alors qu’il aurait été beaucoup plus facile d’ouvrir la calotte crânienne ou l’occiput. Il se trouve que la glande cervicale la plus importante – l’hypophyse – est située directement derrière le nez.

Ni le demi-homme le plus ancien ni l’homme ultérieur ne consommaient d’autres crânes que ceux de leurs congénères.

*Le livre est paru en 1971.

À suivre Les crânes vides (2)