Depuis que l’homme ne peut plus capter les pensées de ses congénères, un nouveau mal est apparu : la possibilité de mentir.

Toute l’humanité use de cette possibilité parce qu’elle croit en tirer des avantages ; c’est l’unique foi universelle qu’elle pratique sans faille et de façon continue, presque comme une religion universelle, et qui n’engendre que du malheur.

Si l’homme n’avait pas perdu la faculté de lire les pensées, il saurait découvrir aujourd’hui les méchantes pensées de ses congénères et punir les coupables comme le font les animaux. Mais les souvenirs subconscients de l’homme sont énormes. Il se souvient très bien que ses pensées pouvaient autrefois être perçues par ses congénères et qu’il était surpris et puni pour toute mauvaise pensée. C’est pourquoi il se crispe intérieurement à tout mensonge sans pouvoir rien faire pour l’empêcher ; sa peau secrète davantage de liquide. D’autres réactions se produisent aussi en lui et tout cela peut être mesuré avec ce qu’on appelle un détecteur de mensonges.

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Les facultés de perception suprasensible étaient autrefois très appréciées, surtout en ce qui concerne la prédiction des événements futurs. Mais comme cette aptitude s’est de plus en plus raréfiée, depuis 50 000 ans environ, du fait de l’évolution humaine, et que l’humanité axe de plus en plus son attention et son intérêt sur la matière, on a cessé d’entretenir cette faculté.

À notre époque, l’homme s’est entièrement livré à la matière et il ne reconnaît rien qu’il ne puisse mesurer.

Les vérités cosmiques sur les substances immatérielles et leurs effets sont rejetées par les sociétés sans philosophie et spirituellement arriérées, comme des superstitions.

Les Églises chrétiennes elles aussi ont interdit les prophéties et les ont condamnées comme étant péché et œuvre du diable, bien que ces Eglises soient issues du judaïsme qui consistait à l’origine en prophéties et en « messages de Dieu ».

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Si le destin de l’humanité est tragique à cause du cannibalisme et de ses lourdes conséquences, celle-ci a cependant vécu une courte époque pendant laquelle elle a cru triompher.

Il y a environ 50 000 ans, peu avant l’aliénation mentale, l’homme possédait un cerveau et une intelligence aussi grands qu’aujourd’hui, alliés à des facultés de perception suprasensible extrêmement grandes par rapport au niveau de l’intelligence.

Il vivait dépourvu de sentiments d’angoisse, sans maux imaginaires et donc sans la malédiction du travail. Il était en mesure d’accomplir des actes physiques et non physiques, inimaginables aujourd’hui, parce qu’il en savait sur l’univers et les effets réciproques de ses substances, plus qu’il n’en saura jamais.

Ce n’est pas tout. Dans l’univers, il y a de nombreuses planètes, peuplées de créatures intelligentes, dont certaines ont une intelligence très grande. Il y a des êtres vivants dont la marge de vie est brève ou extrêmement longue, parce que les notions de temps varient dans les différentes sphères de l’univers. Ce qui apparaît sur la terre comme étant mille ans peut n’être ailleurs dans l’univers, qu’une seconde, ou vice versa. L’homme pouvait s’entendre par la pensée avec un grand nombre de créatures importantes et moins importantes, très intelligentes ou moins intelligentes. Également avec des créatures qui possédaient une intelligence extrême et, selon les concepts humains, vivaient extrêmement longtemps ou « éternellement ». C’étaient ses dieux. Il s’en choisit plusieurs à qui il demandait, par la voie de la pensée, savoir, conseil et aide.

Mais le choix est limité car tout être vivant ne peut essentiellement recevoir que les pensées de ses congénères qui sont au même niveau d’intelligence et émettent par conséquent leurs pensées sur les mêmes longueurs d’onde et les mêmes fréquences.

Il y a cependant d’innombrables exceptions. Si les ondes mentales de différents êtres vivants agissent harmonieusement les unes sur les autres, la réception mutuelle est possible. C’est comparable avec le phénomène de la résonance en musique. Le son d’un instrument peut provoquer sur un autre instrument des vibrations déterminées.

L’homme pouvait donc s’entendre par transmission de pensée avec des créatures extraterrestres dont le degré d’intelligence était égal ou bien supérieur au sien.

Mais ce n’était que l’une des raisons qui limitaient le choix. Les diverses races humaines se trouvaient et se trouvent encore aujourd’hui à des degrés d’intelligence très divers parce que leurs ancêtres simiens ont commencé le cannibalisme plus ou moins tôt. Les races ayant pratiqué le cannibalisme de bonne heure ont atteint un plus haut degré d’intelligence que les races ayant commencé plus tard, et cette différence était beaucoup plus marquée il y a 50 000 ans, parce qu’à cette époque les races se mélangeaient encore moins. C’est pourquoi les races ayant pratiqué le cannibalisme de bonne heure ont pu entrer en relation avec des « dieux » beaucoup plus importants et plus intelligents que les races ayant commencé tard, et cela seul était déjà un signe de statut supérieur parmi les races humaines. Chaque race était donc fière de ses dieux parce qu’il y avait toujours des races dont le degré inférieur d’intelligence ne permettait pas un contact avec des « dieux supérieurs ».

=> Je crois plutôt que derrière tous ces « dieux » se cachaient en réalité les mêmes entités, qui s’adaptaient aux différents peuples. Cela explique que de nombreux rites soient les mêmes quelles que soient les religions, par exemple celui consistant à sacrifier un bouc pour lui faire endosser les fautes de la tribu. Et tous ces sacrifices d’animaux, qui devaient être égorgés…

Dans cette période, l’objectif principal du cannibalisme n’était donc plus une fécondité supérieure mais une intelligence supérieure permettant d’entrer en contact avec des « dieux » plus importants et plus intelligents.

=> On pense immédiatement aux chamans qui prennent des herbes hallucinogènes pour communiquer avec les « esprits ».

Les peuples ont donc changé de dieux en même temps que leur intelligence croissait, et cela signifiait chaque fois une élévation de statut. Le dieu des Juifs, Jéhovah, était également l’un de ces dieux nouvellement choisis.

À l’aide des « dieux », l’homme a pu apprendre aussi des vérités sur l’univers que sa propre intelligence ne lui permettait pas de connaître.

Comme le cannibalisme et avec lui l’hominisation commencèrent dans la région de Mésopotamie, c’est là-bas, et plus tard en Inde et en Chine que le degré d’intelligence était le plus élevé et on avait naturellement aussi beaucoup de « dieux » de grande valeur, plus grands que chez les Papous. C’est pourquoi les connaissances acquises par les hommes eux-mêmes aussi bien que celles tenues des dieux atteignaient là leur degré maximum. Mais comme c’est là qu’on prêtait le moins d’attention à la matière, on ne trouvait pas grand intérêt à s’en occuper spécialement parce que le jeu avec les autres substances était beaucoup plus intéressant et plus important. Cependant, on accomplissait aussi sur le plan matériel des performances inconcevables aujourd’hui. Les hommes supprimaient la gravitation à l’aide de la gravitation elle-même. Ils soulevaient ainsi en l’air de gros objets et les déplaçaient, comme quelques yogis le font encore aujourd’hui, à un degré moindre. La fission de l’atome s’effectuait uniquement grâce à des forces spirituelles et l’on provoquait des phénomènes à peine possibles aujourd’hui par des voies physiques.

Ces performances étonnantes étaient dues en grande partie au concours des « dieux » avec lesquels on se trouvait en relation mentale.

La croyance en plusieurs dieux qui subsiste jusqu’à nos jours dans presque toutes les régions a donc de bonnes raisons d’être.

Même la religion juive ne dit nulle part qu’il n’y ait qu’un seul dieu ; bien au contraire, Moïse et d’autres prophètes avant lui ont exhorté le peuple à ne pas se tourner vers les dieux d’autres peuples mais seulement vers le dieu d’Israël, car celui-ci avait prouvé qu’en cas de misère, il venait toujours en aide, et cela par les messages qu’il transmettait par les prophètes, alors que les dieux d’autres peuples étaient loin de pouvoir faire ce qu’accomplissait le dieu d’Israël.

Seules les deux religions les plus récentes, la religion chrétienne et la religion mahométane, ont contesté l’existence de plusieurs dieux et insistent sur le fait qu’il n’y a qu’un seul dieu. C’est compréhensible. Les souvenirs subconscients de l’humanité, aussi bien que son aptitude à penser en termes philosophiques, disparaissent en effet pour des raisons biologiques. Mais même dans ces religions, le monde extraterrestre est toujours peuplé d’esprits et de nombreux anges classés en différentes catégories. Il ne s’agit pas là uniquement des âmes des défunts, mais de créatures spirituelles indépendantes que l’on représente parfois comme des messagers de Dieu, parfois comme les exécuteurs de ses ordres.

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Le progrès de l’humanité montre de plus en plus son vrai visage : une violente destruction de l’ordre sur lequel est bâti l’univers. Si ce progrès humain, fondé sur la destruction de l’ordre, était justifié, cela signifierait que l’ordre s’est lui-même condamné à l’anéantissement et a choisi l’homme pour exécuter cette sentence.

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L’homme considère volontiers l’animal en inférieur et estime que celui-ci n’a pas d’âme, ne pense pas et qu’il est dirigé uniquement par quelques mystérieux instincts. Ce sont des idées absurdes. Même les animaux possèdent davantage d’intelligence qu’ils n’en ont besoin pour manger, dormir et s’accoupler mais ils n’utilisent pas leur excédent d’intelligence sous quelque impulsion maladive pour arriver à un prétendu progrès qui leur empoisonnerait la vie, mais pour penser et reconnaître les vérités du monde matériel et immatériel jusqu’à la limite de leur degré d’intelligence. C’est le véritable but de l’intelligence, celui qui procure le plus de satisfaction, et l’homme devrait utiliser à cela son excédent d’intelligence. Il est quasiment ridicule que l’homme s’imagine posséder maintenant plus de maturité morale et de sens des responsabilités, et donc être meilleur qu’autrefois. Il émet justement cette affirmation à une époque où les criminels et les savants préparent main dans la main l’extermination de l’humanité.

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Tout homme, à quelque race qu’il appartienne, possède plus d’intelligence qu’il n’en a besoin et cette intelligence est atteinte de maladie incurable. En augmentant l’intelligence, on ne ferait qu’accroître l’aliénation. Ce dont l’homme a besoin, ce n’est pas d’intelligence accrue sur une « base scientifique » : les cannibales y sont déjà parvenus de façon inégalable, et c’est justement de là qu’est venue la catastrophe. L’homme a besoin d’adoucissement à son état d’égarement : le seul moyen d’y parvenir serait un retour à la nature, si toutefois le corps et l’esprit malades de l’homme le permettent encore. Il pourrait de nouveau apprendre à penser et reconnaître que la nature et ses congénères ne sont pas ses ennemis et qu’il n’y a rien à améliorer dans l’univers, sinon lui-même.

Le fait que l’homme soit issu du cannibalisme peut le laisser indifférent, et ce sera la première réaction de beaucoup de gens. En fait, la catastrophe n’est pas que l’homme soit devenu plus intelligent du fait du cannibalisme, mais qu’il soit en même temps devenu un malade mental. Il agit donc en pleine absence et travaille fiévreusement à ce qu’il nomme progrès, et qui finira par accélérer sa perte.

=> Malheureusement, l’étude des phénomènes paranormaux nous apprend que des créatures dotées d’une intelligence supérieure (et de grandes capacités métapsychiques), sans passer par le cannibalisme mais parce qu’ayant achevé leur évolution, peuvent être tout aussi dangereuses, si ce n’est plus. Pour la bonne et simple raison qu’elles ont conservé leur libre arbitre (en accord avec les lois de l’évolution, puisqu’elles ont une âme).

À suivre Le langage