Comme on l’a dit, la consommation de viande est en relation étroite avec la perte du pelage. Cette relation s’est manifestée de façon très particulière : là où les poils sont nécessaires à l’homme, ils sont rabougris ; par contre, ils poussent depuis lors là où ils sont inutiles et même gênants – sur la tête. Ce phénomène va lui aussi à l’encontre d’une évolution naturelle. L’énergie nécessaire à la croissance des poils du corps n’a pas été épargnée mais concentrée sur la pousse des cheveux, alors que les ancêtres simiens de l’homme n’avaient jamais eu de si longs cheveux. Dans presque toutes les races humaines, les cheveux peuvent atteindre la taille du corps humain. En réalité, nous avons l’air, avec ces longs cheveux qui gênent les mouvements, de clowns de l’univers.

Ce phénomène seul serait déjà plus que suffisant pour permettre de constater, chez l’homme, une évolution non naturelle. Aucun être vivant de la terre ne peut exister avec des handicaps pareils. Il faut donc couper les cheveux. Mais il est incontestable que l’existence d’une créature saine dépend de l’invention des ciseaux, ou de la présence d’un salon de coiffure. Les scientifiques qui soutiennent la thèse d’une évolution naturelle devraient eux aussi s’en rendre compte.

Dès le premier stade d’hominisation, les cheveux s’allongèrent. Comme il vivait en sécurité dans les forêts, au milieu de buissons où ses longs cheveux restaient accrochés, le demi-homme cannibale devait arracher ses cheveux gênants ou se les faire arracher par ses congénères qui se servaient alors de leurs dents. Plus tard, il sut fabriquer les instruments voulus pour couper ses cheveux. Mais il avait appris que son corps contenait de précieuses substances immatérielles qui montent périodiquement en direction de la tête, par lune croissante.

Il n’allait à la chasse à l’homme que par lune croissante, car c’est là que les cerveaux avaient le plus de valeur. Il s’aperçut plus tard que la lune croissante agissait de façon analogue sur les animaux et même sur les plantes. Il évita alors de se couper les cheveux par lune croissante afin de perdre le moins possible de sa précieuse énergie vitale, par les entailles des cheveux.

Cette mesure ancestrale, destinée à économiser de l’énergie lors de la coupe des cheveux, est encore observée aujourd’hui dans presque toute l’Asie et, par les générations d’un certain âge, dans de nombreuses parties de l’Europe.

D’après les anciennes expériences transmises, ces mesures épargnent les forces vitales qui intéressent non seulement le corps mais aussi le cerveau. La pulsion énergétique qui fait pousser les cheveux est à son maximum sur la calotte crânienne. C’est pour cette raison que dans de nombreuses contrées, on coupait les cheveux au bord de la tête à chaque nouvelle lune, tout en laissant pousser sur la calotte crânienne une natte que l’on coupait rarement. Cette pratique est encore fréquente chez les Chinois, les Mongols, les Indiens et de nombreuses tribus africaines, et surtout chez les enfants, parce que ceux-ci grandissent encore.

Mais il pousse sur la tête d’autres poils qui ne doivent pas être coupés parce qu’on sait d’expérience ancestrale qu’ils détiennent des énergies particulièrement bénéfiques pour le cerveau : ce sont les sourcils, les poils sur les temps et les poils des verrues.

Les anciens tableaux d’Asie montrent souvent les sages et les philosophes avec de très longs sourcils qui pendent sur les oreilles jusqu’au cou. Même les poils des temps pendent sur le visage.

Mais si certains Juifs orthodoxes et leurs prêtres ne savent plus pourquoi ils ne se coupent pas les poils des tempes mais les portent roulés en boucles, ils observent en fait une pratique dont l’origine remonte aux connaissances primitives acquises par l’homme à travers le cannibalisme.

Aucun sadhu ou philosophe ne se couperait jamais les sourcils. Les Chinois eux-mêmes ont encore dans leur vie quotidienne des consignes strictes sur le moment où les poils de verrue peuvent être coupés – si toutefois ils le peuvent.

Beaucoup de légendes et mythes anciens parlent d’individus dont les longs cheveux recelaient des forces physiques et spirituelles particulières qu’ils perdirent lorsque des ennemis jaloux leur coupèrent les cheveux. Il vit encore en Inde beaucoup de sadhus retirés dans des cavernes qui ne se coupent jamais les cheveux et les laissent pousser jusqu’aux talons. Ces hommes consacrent leur temps à la méditation et observent des règles sanitaires strictes. Ils jouissent d’une santé excellente et ont une longévité extraordinaire. Ils affirment, eux aussi, que les cheveux recèlent des énergies qui leur permettent des perceptions suprasensibles.

À part l’homme, aucun animal à poil ne devient chauve en vieillissant. Cela est contraire également à l’évolution naturelle et constitue un phénomène pathologique, causé par le bouleversement hormonal dû à la consommation de cerveau.

Mais qu’advient-il de tous les individus qui perdent leurs cheveux et deviennent chauves ? À quoi est utilisée l’énergie épargnée ?

Depuis des temps immémoriaux, les sages, ainsi que le Dieu des chrétiens au Moyen Age, ont été représentés avec des crânes chauves. La calvitie était donc considérée non seulement comme un signe d’âge avancé, mais aussi comme un signe de sagesse. En outre, les hommes chauves se considèrent comme dotés d’une énergie sexuelle supérieure à celle des hommes chevelus.

Les deux interprétations sont exactes. La quantité d’énergie qui n’est pas utilisée à la pousse des cheveux parce que les racines du cheveu sont mortes, échoue, soit à l’intelligence soit à la sexualité, soit aux deux.

Cela ne signifie pas cependant que tous les hommes chauves soient intelligents ou manifestent une activité sexuelle particulière. Tout dépend du stade où ils se trouvaient avant de devenir chauves. Celui qui était stupide avant de perdre ses cheveux peut devenir moins stupide, une fois chauve, mais il est loin d’être un génie. Il en est de même pour la vitalité sexuelle.

La sexualité, l’intelligence et la croissance des poils sont placées sous le contrôle de l’hypophyse. Bien que le cannibalisme ait suscité dans le corps humain un nouveau système de répartition des hormones et autres humeurs, il peut encore se produire des déplacements, tels ceux qui ont donné les phénomènes humains que l’on vient de mentionner, ainsi que l’anomalie sexuelle.

[…]

La perte anormale du pelage a mis à nu les pores du corps. Le pelage qui garantissait une évaporation régulière de la sueur n’était plus là. Les coups de vents et courants d’air provoquaient, chaque fois, une évaporation et un refroidissement du corps extrêmement rapide que l’homme ne pouvait compenser si rapidement. C’est ainsi qu’il devint plus sensible aux maladies et que la mortalité élevée menaça l’existence de la race.

Les pores des animaux se rétrécissent et même se ferment par temps froid passager, mais jamais de façon permanente car le corps doit se débarrasser de la sueur qui contient des toxines.

Pour l’homme dénudé, les pores ont dû se rétrécir en permanence sur tout le corps ; c’est ainsi que le corps ne pouvait plus se débarrasser des toxines comme il eût fallu. Pour permettre l’élimination de ces toxines, les pores se sont agrandis et même multipliés là où les rafales et courants d’air ne touchaient pas le corps ; sous les aisselles et entre les jambes, aux parties sexuelles. Mais ce n’était pas une solution. La sueur sécrétée en abondance ne pouvait s’évaporer. Elle pourrissait et causait des blessures douloureuses. Cette maladie exclusivement humaine, l’homme dut aussi la supporter longtemps, jusqu’à ce que la nature lui vînt en aide en lui offrant un palliatif qui est imparfait et le restera : des poils d’un genre entièrement nouveau se mirent à pousser peu à peu. Ce sont des poils durs, épais, qui n’ont pas d’autre fonction que d’éliminer de la peau la sueur qui est constamment sécrétée en abondance à ces endroits. Depuis lors, il n’y a plus de blessure, mais la sueur pourrit et si l’homme ne se lave pas souvent, il sent mauvais.

Aucun singe, aucun animal sur cette terre ne sent mauvais des aisselles ; cette affection est réservée à « l’image de Dieu », qui est soi-disant née dans le cadre d’une évolution naturelle et en accord avec l’ordre cosmique et s’est mise à puer.

[…]

La marche en station verticale appartient aussi aux grands changements qui se sont produits pendant le processus de l’hominisation.

Quelques scientifiques vont jusqu’à voir dans la marche debout un motif suffisant pour expliquer l’acquisition d’une intelligence supérieure. Ils affirment que la position verticale de la colonne vertébrale a provoqué dans l’hypophyse de telles modifications que la dimension de cerveau et l’intelligence se sont accrues dans des proportions extraordinaires. Cette thèse est un compliment pour les pingouins qui marchent plus droit que les hommes.

La marche verticale n’a rien à voir avec l’intelligence et l’ingéniosité. Les ancêtres simiens de l’homme n’ont jamais été de véritables animaux à quatre pattes. Ils s’accroupissaient, grimpaient et se lovaient dans les arbres.

Quand ils avançaient sur le sol, ils le faisaient comme le font aujourd’hui encore tous les singes hominidés : ceux-ci marchent sur les membres inférieurs et s’appuient avec leurs longs bras sur les phalanges de leurs poings à demi serrés. Ils ne peuvent marcher en s’appuyant sur le plat de la main car leurs membres antérieurs ne s’y prêtent pas.

Le passage de la tenue courbée, inconfortable, à la position droite constitue un changement logique et facile que tout singe hominidé accomplit aujourd’hui encore, par moments. Mais qu’est-ce qui le poussa à marcher en se tenant droit, au lieu d’avancer en position courbée ? Entre autres motifs, ce furent ses cheveux trop longs qui tombaient vers l’avant en position courbée et lui gênaient la vue. Il n’avait pas de peigne et ne pouvait s’arracher sans cesse les cheveux. Comme par ailleurs il abandonnait peu à peu la vie dans la forêt et grimpait moins aux arbres, ses bras se raccourcissaient. Il n’aurait pu s’appuyer sur ses bras courts en position courbée, à moins de se transformer en marcheur à quatre pattes, ce qu’il ne fit jamais. Il lui était donc beaucoup facile de passer de la position courbée à la posture et à la marche verticale, debout sur les membres postérieurs. Ce n’est pas la marche en station verticale qui constitue un miracle comme le prétendent si volontiers les savants ; le miracle serait que l’homme soit devenu un animal à quatre pattes.

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Comme on peut le voir sur cette illustration, l'ingestion constante d'hypophyse a provoqué chez nos ancêtres un dérèglement hormonal, les gratifiant d'une abondante pilosité là où ils n'en ont guère besoin; tandis qu'ils ont perdu leur pelage, là où justement il est nécessaire, les contraignant à porter des peaux de bêtes pour se protéger des intempéries.

Le fait que l’homme dut changer ses méthodes de déplacement originairement multiples, contre la méthode unique de la marche debout, n’est pas un progrès mais une régression. Ses ancêtres savaient très bien grimper et se déplacer sur les arbres.

=> Nous verrons plus loin que les ancêtres de l’homme n’étaient pas arboricoles; l’auteur est influencé par la théorie de Darwin qui veut que nous descendions des chimpanzés. J'exposerai les raisons pour lesquelles je n'y crois pas, et d'ailleurs, de plus en plus de scientifiques réfutent cette théorie. Quoi qu'il en soit, il faut bien reconnaître que son explication est très plausible. Les cheveux de nos ancêtres qui ne cessaient de pousser sont devenus une gêne, et forcément ils ont dû se redresser pour voir leur environnement, et à la longue, ils ont fini par abandonner leur ancien mode de locomotion. De bipèdes qu'ils étaient occasionnellement, ils le sont devenus de manière permanente. Encore une fois, les explications les plus simples sont les meilleures.

La théorie officielle de l’évolution de l’homme est pleine de contradictions à peine concevables. On n’a jamais écrit et dit tant de stupidités sur aucun animal, qu’on l’a fait sur l’homme. Celui-ci s’est constamment menti à lui-même parce qu’il voulait à tout prix rester une créature favorite de Dieu et un être revêtu d’une mission particulière.

Pourquoi en sommes-nous là ? Pourquoi l’homme est-il devenu incapable de se juger lui-même ? Pourquoi ne sait-il plus reconnaître la vérité ? Pourquoi est-il le seul sur cette terre qui soit condamné au travail et qui n’ait cependant abouti à rien ? Pourquoi combat-il justement les deux choses qui sont, pour lui, les plus importantes : ses congénères et la nature ? Pourquoi est-il sans cesse mécontent ? Pourquoi espère-t-il et qu’espère-t-il au juste ? Pourquoi ses espoirs n’ont-ils pas été exaucés ? Pourquoi cherche-t-il quelque chose qu’il ne peut définir ? Pourquoi ne trouve-t-il pas la paix avec lui-même et son entourage ?

Parce que c’est un malade mental.

Les pires conséquences du cannibalisme ne sont pas les dommages physiques, mais le fait que son cerveau, trop poussé, soit tombé malade, plongeant ainsi son esprit dans un état de folie. Ce cerveau, qui fait toute sa fierté, est atteint d’une maladie incurable.

À suivre Le cerveau malade (1)