Un biologiste tchèque, le docteur Milan Rýzl, qui vit depuis 1967 aux États-Unis, obtint, après des années de recherches bien particulières, des résultats qui lui valurent, à juste titre, la considération du monde entier. En entraînant à des exercices d'hypnose des personnes parfaitement normales et pas le moins du monde douées au départ, il réussit à éveiller chez elles des facultés psy. Ces personnes parvinrent ainsi par des moyens extra-sensoriels, à découvrir des objets cachés ou à deviner les symboles des cartes de Zener. Elles arrivèrent même - ce qui est encore plus incroyable - à voir des scènes qui se passaient dans d'autres lieux et à les décrire sans même quitter le laboratoire.

Voici le récit d'une expérience effectuée le 10 décembre 1961 par le docteur Rýzl avec une personne du nom de Ctibor S. Plongé en état d'hypnose, Ctibor S. devait, par clairvoyance, décrire ce qu'il voyait à environ un kilomètre de lui, qu'il n'avait jamais vu auparavant, et ce, bien entendu, sans quitter le laboratoire. Il s'agissait du sous-sol voûté d'une église où se trouvaient des urnes funéraires et où il y avait, comme dans les cimetières, des fleurs et des couronnes. Vus en gros, les murs épais pouvaient faire penser aux rayons d'une bibliothèque. Dans les murs étaient creusées des niches où étaient rangées les urnes. Voici une partie de la conversation échangée entre le docteur Rýzl et Ctibor S., qui se trouvaient tous deux au laboratoire. (Le docteur Rýzl est désigné par les lettres VL et Ctibor S. par les lettres Vp.)

VL. - Veuillez passer la porte que je viens de vous décrire. Vous allez entrer dans une autre pièce; dites-moi ce que vous y voyez.

Vp. - La pièce est très petite et j'ai l'impression qu'elle ne reçoit pas d'éclairage direct. Il y a des rayons sur les murs, comme pour des livres ou quelque chose dans ce genre... Ce sont des livres, il y a même beaucoup de livres.

VL. - Voyez-vous très nettement qu'il s'agit de livres ?

Vp. - Je vois des sortes de compartiments dans lesquels on range des livres... Au fond, je ne suis pas sûr qu'il s'agisse de livres. Mais c'est cela, probablement.

VL. - Efforcez-vous de ne plus penser à rien et attendez d'en voir davantage. Regardez tranquillement autour de vous dans la pièce, repérez-vous à différents détails et vous approcherez, ainsi, plus près de la réalité.

Vp. - J'ai l'impression qu'il y a des sortes de casiers séparés les uns des autres... comme si c'était un grand bloc dans lequel seraient aménagées des subdivisions... Cela me fait la même impression que dans un cimetière.

VL. - Que voulez-vous dire quand vous parlez de casiers séparés les uns des autres ? De quoi peut-il bien s'agir ?

Vp. - C'est une impression singulière. Tous ces casiers sont différents les uns des autres et pourtant ils sont tous semblables. J'ai du mal à le formuler... Cela ressemble à un cimetière, et pourtant, c'est impossible.

VL. - Qu'est-ce qui vous fait penser à un cimetière ?

Vp. - Je ressens une curieuse impression d'angoisse, comme si je me trouvais dans un cimetière. J'ai l'impression de sentir une odeur de bougies. Je ne peux pas dire ce qui m'entoure, mais c'est quelque chose que l'on ne voit pas tous les jours.

VL. - Essayez d'être un peu plus précis sur les différents casiers dont vous m'avez parlé.

Vp. - Je crois que chacun des casiers porte un nom différent. C'est vraiment très curieux. Je n'ai jamais rien vu de semblable... À vrai dire, si, j'ai déjà vu quelque chose du même genre dans les cryptes. J'ai l'impression que c'est un endroit où l'on garde les cendres des défunts.

Werner Keller, La parapsychologie ouvre le futur

Comme quoi, il est facile, pour des sujets sous hypnose, de se projeter, mentalement bien sûr, dans l'espace, et aussi dans le temps.

"Les magnétiseurs ont souvent signalé le pouvoir que possédaient leurs sujets, pendant l'état somnambulique, de lire dans les livres fermés ; de décrire exactement des personnes ou des événements éloignés, malgré l'occlusion des yeux, l'absence de lumière et les obstacles interposés. Ils ont baptisé cette vision spéciale des noms de lucidité ou de clairvoyance. Cette faculté remarquable était déjà assez connue des anciens pour avoir pris place dans le théâtre grec. Il y a dans les Clêophores d'Eschyle une admirable scène où Cassandre, possédée de l'esprit de Python, raconte au choeur frémissant d'épouvante toutes les péripéties du meurtre d'Agamemnon, au moment même où Clytemnestre et Egisthe l'exécutent." (Gabriel Delanne dans Les apparitions matérialisées des vivants & des morts.)